Continuité pédagogique - quelques témoignages

, par Daniela Brun

Nous avons demandé à nos collègues comment ils vivaient la continuité pédagogique. Deux points de réflexion ont été abordés : la collaboration avec les autres enseignants et l’intégration des élèves ’éloignés du numérique’.

La collaboration avec les collègues pour assurer la continuité pédagogique

A. Klein continue les projets élaborés avec ses collègues avant le confinement en EPI, entraînement à l’oral, recherches via Esidoc et transmet le travail de documentation à ses élèves par l’ENT de l’établissement

Pour J. Lecouturier le professeur documentaliste peut contribuer au choix ainsi qu’au processus d’harmonisation des outils et pratiques numériques en période de confinement.

F. Quemeneur jongle avec ses deux casquettes de professeur-documentaliste et référent numérique, poste des cours sur Pronote et réalise des tutoriels d’usages d’outils numériques, destinés aux élèves, mais aussi aux enseignants. Il redoute l’anarchie provoquée par la démultiplication des outils et l’omniprésence de Google.

N. Tunc effectue de la veille documentaire spécifique qu’elle transmet aux collègues. Dans le domaine de l’orientation, elle a créé un tutoriel pour que les élèves puissent accéder à GPO à distance, en complémentarité de celles de l’ONISEP. Les séances prévues pour la Semaine de la presse et en SNT ont été adaptées afin d’être réalisées à distance, notamment à travers un questionnaire pour les faire réfléchir sur les notions abordées

A. Crétois-Legrand a créé deux padlets, un avec des ressources pour les professeurs :
, l’autre pour reposer et distraire les élèves. Elle enrichit aussi son portail Esidoc pour conserver les ressources pérennes, car de nombreuses ressources ne seront plus accessibles et/ou gratuites après le confinement.

H. Spillmann a créé un Netboard pour les enseignants contenant des outils, banques de ressources et ressources par discipline et Netboard pour les élèves avec des liens vers des ressources éducatives, culturelles et de lecture pour les élèves.

R. Bancel a publié sur son portail Esidoc un Kit de survie en confinement.

A. Lagarde a mis en ligne un onglet Continuité pédagogique sur son portail Esidoc, ainsi que deux sélections de ressources sur Pearltrees : une destinée aux enseignants et une autre destinée aux élèves.

S. Lecardonnel a réalisé avec son collègue Frédéric Jorite une boîte à outils à l’aide de l’outil Genially. Elle a également opté pour un Padlet de ressources scolaires et culturelles destinées aux élèves.

M. Weppe-Ducorps propose également aux enseignants et élèves un padlet de ressources mis à jour régulièrement.

B. Doukhan met régulièrement à jour un padlet de ressources et a lancé un concours (écriture, photos, dessins) de confection d’un journal souvenir sur le confinement

Cécile Paoli nous propose ci-dessous une réflexion globale sur son rôle dans la poursuite des projets en EMI, l’organisation et la mise en place des ressources, le maintien de la fonction de « tiers-lieu » du CDI, ainsi que la prise en compte des élèves éloignés du numérique.

Enfin, dans le document joint à cet article vous trouverez le compte-rendu réalisé par V. Breyton et C. Combettes sur leur apport à la continuité pédagogique au cours des trois premières semaines de confinement.

La prise en compte des élèves "éloignés" du numérique ?

La majorité des collègues dit prendre en compte le partage en famille des outils numériques et privilégier l’utilisation des manuels papiers.

F. Quemeneur constate que les élèves véritablement "éloignés du numérique" ne sont qu’une minorité. Après quasiment deux semaines de pratique, il affirme que la plupart sont volontaires et demandeurs, et n’hésitent pas à faire part de leurs inquiétudes ou de leurs questions pour réussir ce qui leur est demandé.
Il a dû aussi contacter de manière plus directe (téléphone) ceux qui ne répondaient pas aux messages par Pronote. Là encore, c’était pour la plupart des soucis de connexion ou des oublis, réglés ou en passe de l’être avec de la compréhension et de la patience. Seuls environ 10% profitent de la situation pour "disparaitre", mais ce sont les mêmes qui en temps normal sont déjà décrocheurs.

Pour A. Crétois-Legrand, les élèves éloignés du numérique sont à deux niveaux : ceux qui ne le maîtrisent pas et/ou ceux qui n’ont pas le matériel.
Elle a conçu des tutoriels pour que les élèves puissent suivre pas à pas certaines procédures, mais cela est difficile à distance. Les élèves qui n’ont pas d’ordinateurs, envoient des devoirs par MMS.

H. Spillmann indique que dans l’urgence, il a été vérifié que tous les élèves sachent se servir de la messagerie et des espaces collaboratifs de l’ENT, et que la collectivité a prêté des ordinateurs portables aux élèves qui n’en ont pas. Elle vient en aide individuellement, en répondant aux mails des élèves qui ont des difficultés (avoir les fichiers audio du manuel d’anglais, mettre en page un document, scanner...) Cependant, le manque d’un temps d’ apprentissage réel des usages des outils numériques avant le confinement par tous les élèves est déploré.

En conclusion, tous les collègues constatent que l’insuffisance de compétences numériques chez certains élèves est un vrai frein dans les échanges à distance et espèrent que Pix changera la donne.

Enfin, les collègues, comme S. Lemarchant, voient une conséquence positive à ce confinement, celle de découvrir des outils numériques dont on reporte l’usage faute de temps.

Un grand merci à tous les collègues pour cette avalanche de témoignages et réflexions. Les contributions non encore publiées, reçues après le 31 mars, seront synthétisées plus tard, conformément à la demande de l’inspection du 31 mars.

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