YouTube, un outil fiable pour travailler ?

, par Manon Gallet

Le groupe du GEP Documentation / EMI de l’académie de Versailles a travaillé en 2019/2020 sur une thématique identique à celle proposée au niveau national pour les TraAM, à savoir "Recherche d’information, web, réseau social, recherche mobile, recherche visuelle, évaluation de l’information". Deux axes de travail ont été retenus. Le premier axe d’étude a été celui de l’utilisation des assistants vocaux par les jeunes, l’idée principale étant d’évaluer dans quelle mesure cette technologie émergente est utilisée dans les pratiques de recherches des élèves.
Dans le même ordre d’idée, le second axe de réflexion concerne l’utilisation par les élèves de la plateforme YouTube comme source d’information et de formation. En effet, de nombreuses études révèlent que les élèves ont aujourd’hui une utilisation informationnelle des réseaux sociaux, et particulièrement de YouTube. Nous avons voulu nous pencher sur la capacité des élèves à analyser et déterminer la fiabilité de cette source d’information. 
D’après les chiffres de l’étude de Génération numérique sur les pratiques numériques des 11-18 ans (https://asso-generationnumerique.fr/wp-content/uploads/2020/02/Les-pratiques-nume%CC%81riques-2020.pdf), YouTube est le réseau préféré des 11-18 ans avec 80% d’utilisateurs. Un sondage de l’association Lecture jeunesse (https://www.ipsos.com/fr-fr/les-15-25-ans-et-les-youtubers-scientifiques) révèle que 57% des 15-25 ans considèrent que les youtubeurs scientifiques sont aussi fiables que le contenu d’un cours de sciences donné en classe.

Nous nous sommes donc interrogés sur la capacité des élèves à déterminer la fiabilité d’une vidéo sur YouTube. Nous avons tout d’abord pensé proposer une séance dans laquelle l’enseignant soumettrait directement aux élèves une grille d’évaluation de la source, avec des critères déjà pré-établis. Ayant constaté rapidement qu’aucune grille de ce type existait nous avons pensé en produire une, mais nous avons finalement choisi d’élaborer des séances qui permettraient de mettre directement les élèves en situation de réflexion par rapport à leur propre pratique, l’idée étant de les amener à établir eux-mêmes leur grille d’analyse avec leurs propres critères d’évaluation.

Trois séances ont pu ainsi être développées cette année. En fonction des publics et de la configuration d’enseignement, la méthode d’analyse a été quelque peu différente mais l’objectif est resté le même : évaluer la capacité des collégiens à juger la fiabilité d’une vidéo sur Youtube.
Les niveaux privilégiés ont été les quatrièmes et les troisièmes.
Florian Cool, professeur documentaliste au collège Jean Zay de Verneuil-sur-Seine, a proposé à des élèves de 3ème d’analyser la fiabilité de vidéos historiques portant sur les IV et Ve Républiques, dans le cadre d’une séquence d’Histoire sur les "Françaises et Français dans une République repensée".
Olivier Zimny, professeur documentaliste au collège Saint-Joseph d’Asnières-sur-Seine a consacré une séance à "l’évaluation de la fiabilité d’une vidéo à caractère scientifique" dans le cadre de la formation en EMI proposée à l’ensemble des élèves de quatrième du collège. Cette séance a fait suite à une séance traitant de la diffusion des vidéos complotistes sur internet.
Nathalie Ladon, professeure documentaliste au collège Alain Fournier d’Orsay a mis en place une séance centrée sur le prélèvement d’informations sur une vidéo scientifique présente sur YouTube en mettant en perspective l’évaluation et la fiabilité de cette présentation. La séance s’est faite en lien avec le professeur de physique-chimie et a été réalisée avec trois classes de 4e.

En conclusion, nous pouvons dire que le travail mené par le GEP s’est révélé fructueux, non seulement pour les membres de l’équipe mais aussi pour les élèves. Malheureusement, la situation sanitaire du pays n’a pas permis aux autres enseignants de tester leurs séances comme initialement prévu et nous avons manqué un peu de recul pour analyser l’impact réel des séances menées. Nous pouvons toutefois affirmer que ces séances ont été utiles, car non seulement les élèves se sont investis dans les séances mais les enseignants ont pu constater que certains ont réinvesti ce qu’ils avaient appris dans leurs pratiques.

Les membres du GEP Documentation / EMI
Emilie Bournique, Florian Cool, Manon Gallet, Nathalie Ladon, Olivier Zimny

Voir en ligne : Travail du GEP/Documentation EMI sur les assistants vocaux

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